Un peu boudée par les lecteurs, la nouvelle est le format idéal pour un copy. On s’y plonge sans peur. Et on raconte vite.

Plus courte, plus cadrée que le roman, la nouvelle est un genre que j’aborde plus facilement que le roman, vaste et vertigineux. Mais il se rêve toujours quelque part derrière la nouvelle…

1. Un si doux mensonge

Les gouttes de pluie perlaient sur la vitre comme autant de larmes. Elle regardait avec difficulté à travers ce brouillard, espérant qu’on viendrait la chercher. Mais de l’autre côté de la vitre, la rue était désespérément vide. Ou du moins sa mère n’y était pas.
Elle avait pourtant dit : « tu verras, l’école, ça fait un peu peur au début parce qu’on ne connaît personne. Mais très vite on se fait des amis, très vite on a envie d’y retourner pour les retrouver. Tu verras. » Elle avait fait confiance à sa mère qui jamais ne l’avait déçue.
Sa mère c’était son univers, son port d’attache, sa référence absolue. Elle aimait tant sa voix, elle aimait tant son rire quand elle faisait le pitre. Elle aimait tant son parfum de femme élégante. Sa mère était la plus belle et la plus gentille du monde. C’était comme ça. Sauf que, cette fois, sa mère n’avait pas dit la vérité. Elle lui avait menti. Oui. Car Lucie n’avait pas trouvé les enfants gentils, elle n’avait pas retrouvé des femmes au cœur tendre comme celui de sa mère. Elle avait découvert, trois jours plus tôt, un univers hostile et méchant. Un univers où rien n’est doux. Ni les enfants, ni les adultes, ni même les meubles, les portes et les fenêtres. Il n’y avait dans cet endroit que laideur et cruauté à ses yeux. Sa mère lui avait même dit « c’est le début, tu vas t’habituer, je te le promets », alors elle avait espéré, mais deux jours plus tard, le début ne faisait place à rien d’autre qu’à l’envie d’une fin proche.  De s’enfuir, de ne plus jamais remettre les pieds là où on vous pousse, on vous bouscule, on vous écrase.
En trois jours, elle avait entendu plus de méchancetés qu’en toute sa vie entière. Une vie toute petite de 6 années à peine, mais toute une vie quand même.  Elle essayait bien de se défendre, de répondre quelque chose, de ne pas se laisser faire, mais à chaque fois les moqueries augmentaient. Impuissante, elle se rendait auprès de la maîtresse de classe qui la renvoyait d’un « débrouille-toi » à l’effet de gifle.  Alors, elle partait pleurer dans un coin et ses larmes déclenchaient une nouvelle salve de mots qui faisaient si mal qu’elle avait envie de voir ce que c’était quand on était mort.  Elle écrasait alors une coccinelle ou une fourmi pour lui demander, après, comment c’était. Elle s’était inventé des amis et leur parlait parfois jusqu’à ce qu’un enfant crie à la folle. Cela avait duré trois jours. Cela avait duré une éternité. Il était grand temps de retourner près des étoiles que sa maman allumait pour elle, toute seule. Sa maman au moins la trouvait belle.

De ses yeux dont un regardait le ciel et l’autre la terre, sa mère disait qu’ils étaient faits pour observer le monde, sans oublier personne. Et qu’il n’y avait qu’elle à avoir ce regard aussi entier sur l’univers.
De son poids qui était celui de deux enfants de son âge, sa mère disait qu’il servait à garder son cœur bien au chaud pour faire d’elle la plus gentille des petites filles. Car un cœur froid, rajoutait-elle souvent, c’est bien le pire que l’on peut avoir. Le tien est bien chaud, bien doux et bien beau. Tout le monde ne peut pas en dire autant.
Mais une fois arrivée à l’école, tout devint bien différent. Elle était précipitée là dans une autre dimension. Dans un autre monde. Et elle chavirait. Car ici, personne ne lui parlait de son cœur tendre et de ses yeux bienveillants. On lui crachait au visage, la traitant de sorcière ou de grosse vache bigleuse. On lui  prenait son repas pour la faire maigrir et on lui enlevait ses lunettes pour qu’elle vacille ce qui, invariablement, provoquait un rire généralisé.
Sa maman lui avait donc menti. C’était peut-être ça le pire. Maman avait dit que le monde était beau et les gens gentils. Ce n’était pas vrai. Elle avait dit aussi qu’elle était belle et avait un cœur tendre. Ce n’était donc pas vrai non plus ? S’ils avaient raison tous ces Renaud, Maxime, Virginie et Ophélie ? Pourtant elle regardait, à s’en faire mal aux yeux, à travers la vitre, guettant l’arrivée de sa mère. Elle espérait toujours qu’elle arrive bien à l’heure, afin d’éviter les enfants des autres classes qui ne manquaient pas de la dévisager, de crier, aux autres « eh, t’as vu ce machin ? Quelle horreur ! » Si sa mère était là, elle était sauvée.

L’heure avançait et sa mère n’apparaissait pas. La sonnette retentit de même que les « allez la grosse, va rejoindre ta môman ». Mais elle n’était pas là et les larmes jaillirent. Alors, la voix d’un grand, un de sixième sans doute, lança un assassin : « la nature t’a pas gâtée et maintenant maman t’abandonne ? ».  C’était donc peut-être ça la vérité au fond. S’il avait raison ? Si sa mère ne venait pas la chercher ? Si elle avait honte d’elle ? Ils savent sûrement, ils savent sûrement mieux que moi, pensait-elle. Car ils sont du bon côté du monde. Quand on est beau et intelligent comme ça, on façonne, on dirige, on fait le monde comme on veut qu’il soit. C’est tout. Sa maman n’était pas là, parce qu’elle aussi était du bon côté du monde. Sa maman ne viendrait plus. Sa maman avait dû décider de se défaire de ce fardeau qu’elle traînait depuis 6 ans. Elle avait eu envie, c’est sûr, de rejoindre le camp des forts et des beaux. Cette idée, déjà cette certitude, lui donna le vertige. Alors, pour rejoindre les fourmis et les coccinelles, elle traversa les larmes qui coulaient sur la vitre.

Depuis ce jour où elle était arrivée en retard à l’école à cause d’un bête accident, la mère de Lucie restait devant les fenêtres à chercher à percer leur mystère. Elle fumait cigarette sur cigarette, avalait remord sur remord, regret sur regret. Enfin toutes ces choses qui flottent si bien dans un verre de vin. Mais sa fille ne retraversait pas la vitre. Tout ce qu’elle voyait, parfois, c’était une coccinelle ou un chat tentant d’attraper la fumée, comme elle essayait d’attraper le fil de cette histoire.
Chaque jour elle en tissait une autre. Elle imaginait souvent qu’elle était arrivée à temps, qu’elle n’avait pas glissé sur la chaussée en freinant et qu’elle n’avait jamais dû perdre tout ce temps à remplir un constat. Ou elle imaginait que Lucas ne l’aurait pas retenue à la sortie du bureau pour lui prêter un livre dont elle n’avait que faire maintenant. Comment faire maigrir un enfant. Pour le coup, c’était une réussite totale, Lucie était d’une minceur telle qu’on ne la voyait plus. Pourtant, huit minutes cinquante-sept auraient suffi à sauver sa fille du vertige de la réalité cruelle du monde. Huit minutes cinquante-sept…
A chaque nouveau craquement d’allumette, elle refaisait l’histoire de cette journée, de cette vie finie trop vite et trop durement. De chaque cigarette, elle faisait une baguette magique ou un fouet. Et l’histoire se trouvait, selon les cas, une autre issue. Alternativement elle était donc encore la mère de Lucie ou simplement une femme perdue, cherchant dans les volutes de fumée une vérité impossible, un dénouement improbable. Jour après jour, elle accrochait ses pensées à des ronds de fumée bleue qui parfois lui disait toute la paix qu’il y a à n’être qu’éphémère et léger. A n’être rien, au fond, qu’un rond de fumée bleue suspendu jusqu’à disparaître. C’était la seule version de l’histoire qui l’apaisait un peu. Mais les 1001 autres lui revenaient comme d’obsédants refrains. Des refrains qui parlaient des larmes sur les vitres d’une école de banlieue…

2. « Les désaccords du piano », nouvelle envoyée à un concours, La nuit des insomniaques » dont le sujet était donné le soir pour un nuit d’écriture… La nouvelle a été classée dans les 5 premières.

Les désaccords du piano

J’ai longtemps cru, mordicus, que j’étais le seul garçon de mon âge à ne pas aimer les mercredis après-midi. Parce que pour moi le mercredi, dès que la porte d’entrée claquait sur les talons de ma mère, j’étais parti pour l’enfer. Son nom ? Madame Gullicke et son insupportable N°5 de Chanel. Odeur pour moi de calvaire. Madame Gullicke était mon professeur de piano. Et moi j’aurais aimé courir sur un terrain de foot avec le n°5 sur le dos. Là, je l’avais dans le pif avec, en plus, l’obligation de jouer des sonates écrites il y a des siècles par un surdoué du clavier alors que je sentais en moi le talent gâché à jamais d’un attaquant du 21e siècle.
Ce jour-là, pour la deux cent treizième fois depuis mes premières leçons chez madame Gullicke, la porte d’entrée claqua. Je savais donc, pour la deux cent treizième fois, ce qui m’attendait. Je tremblais, une fois de plus, d’effroi. Et de rage. Car je savais qu’une fois encore, une fois de trop, madame Gullicke me regarderait à travers ses effluves de N°5 sans rien dire, attendant l’improbable. Croyait-elle vraiment que le génie s’abattrait sur moi comme par magie ? Ferait-elle un jour autre chose que me juger et attendre, bras croisés, que mes doigts grandissent ? J’avais des doigts-saucissons, moi. Ils étaient incapables d’acrobaties mélodiques !
Après les vingt-cinq minutes réglementaires d’affrontement silencieux entre madame Gullicke et moi, je me suis levé et j’ai claqué la porte avant de prendre la route de la maison, noyé dans mes larmes de colère. J’ai sonné et claqué la porte sur mes talons à moi. Maman a sursauté. J’ai monté les escaliers, fermé la porte de ma chambre avec fracas et j’ai attendu la douceur de la nuit. Cette douceur, c’était celle de  mon père, qui rentrait tard. Parfois, par distraction, il laissait claquer la porte de l’entrée. Pourtant ce n’est pas elle qui m’a réveillé cette nuit-là, mais des pensées rageuses. Et les rêves de crampons aux pieds.
Papa s’est faufilé dans ma chambre, m’a caressé les cheveux. Comme toujours. Je me suis tourné vers lui, je lui ai sauté au cou et l’ai supplié : « papa, je veux être joueur de foot, pas de piano, papa, papa, sauve-moi des gammes, des accords parfaits, des sonates n°4 et de Chanel N°5 ! »
Il m’a alors soufflé à l’oreille ce qui n’est resté un secret qu’une seule nuit. Car le lendemain, tout le monde, famille et voisinage, l’a découvert.
Chaussés de bottes, mon père et moi sommes sortis dans le jardin gelé de décembre.  Papa poussait devant lui le vieux piano de la tante Marie-Hélène. Avec ses sangles et ses roulettes, l’instrument a atterri au milieu du jardin. Là, sous les regards effarés des voisins, nos haches se sont abattues sur lui. Dans ce vacarme de bois fendu et de cordes sectionnées, mon père et moi hurlions :
- Adieu, madame Gullicke! Adieu Mozart! Adieu Haendel. Adieu l’académie ! Adieu l’enfer ! Adieu les mercredis-calvaires ! Et tiens madame Gullicke! Et tiens Mozart ! Et tiens petit crapaud de piano !
Et tiens ! Et tiens !
C’est à ce moment-là que la porte du jardin s’est fait entendre. Ma mère, en peignoir molletonné rose et bleu. En la voyant apparaître là, dans l’embrasure de la porte, je me suis demandé d’ailleurs : « tiens, ils font les mêmes pour les hommes ? » Car j’aurais aimé que mon père et ma mère s’assortissent davantage. Quelqu’un lut-il dans mes pensées ? Un des voisins voyeurs avait-il jeté un sort? Ma mère en effet s’est élancée vers nous en disant avec une douceur qui n’était jusque là que paternelle à mes yeux : « Ah, on vire le piano ? »
- Oui, a dit mon père, il était vieux, terriblement laid, sonnait faux et n’était pas adapté à ses doigts.
- Et moi, je vire quoi, répondit-elle ?
- Oh, ben, un truc qui t’encombre, qui t’ennuie, qui t’exaspère. Allons, allons, va, n’hésite pas, il y a bien quelque chose dont tu aimerais te débarrasser.
Elle a fait demi-tour, aussi sec, faisant au passage claquer la porte derrière elle. On a entendu ses pas rapides dans l’escalier. Un aller. Un retour.
Mon père et moi attendions, entre curiosité et inquiétude, qu’elle réapparaisse autour du feu qu’alimentaient maintenant les morceaux du piano crapaud. D’un seul coup, la porte a claqué. Le peignoir rose et bleu a réapparu, brandissant une tirelire, un sèche-cheveux et une horloge. Lançant la première au feu elle a dit d’une voix joyeuse:
- elle est vide, rassurez-vous ! Au diable les privations, les comptes et les économies. Amusons-nous ! Tout de suite! Toi, le sèche-cheveux et ta dictature de la perfection, adieu! Quant à toi, l’horloge, va rejoindre madame Gullicke et son métronome sans fantaisie ni imprévu. Vous êtes faits pour vous entendre. Allez !
Puis, se retournant vers moi, elle a déclaré dans un regard éclairé par une nouvelle vision de la réalité :
- Moi qui croyais que tu t’obstinais à vouloir te mesurer à Mozart ! Ouf !
Le bois a crépité dans le feu. Dans un bel ensemble nous nous en sommes approchés, soulagés d’avoir réhabilité le mercredi. Et d’en avoir fait ainsi un jour heureux

3. Les Trois vies de Lysiana

Lysiana avait trois vies.
Elle les avait consignées dans trois cahiers de couleurs et de formats différents. Selon la couleur de son humeur, elle ouvrait l’un ou l’autre et poursuivait cette vie laissée en suspens.
Elle avait trois vies et elles les aimait toutes. Elle voulait donc les finir toutes aussi bien. Et comme il ne restait plus que peu de pages, il fallait faire vite.

Lysiana ne confondait jamais une vie avec l’autre.  Le cahier rouge était celui de la femme solitaire. Celui de la vie un peu dure, celui des chagrins violents et des joies immenses. C’était, en somme, le livre de la passion d’une femme. Une passion dévorante et créatrice aussi. Ce livre contenait des hommes. Beaucoup d’hommes. Mais finalement pas un seul vraiment. Ils passaient. D’une page à l’autre c’était un autre homme. Et Lysiana restait.

Le cahier argenté parsemé de quelques plumes était celui de la femme enfant, de celle qui rêve et rêve encore sans jamais regarder les échecs, sans jamais regarder son âge, sans jamais regarder le moche. Elle était sûre que le meilleur était à venir. Et elle s’y accrochait. Quoi qu’il arrive. Cela donnait à cette vie-là un sourire éternel bien qu’il fût parfois teinté des larmes de la désillusion… Mais alors Lysiana tournait la page.

Le cahier de cuir brun bordé d’un élégant liseré doré était celui de la mère. Celle qui avait eu les plus beaux et les plus charmants enfants que la terre ait jamais portés. Celle qui se battait pour eux de tout son amour. Celle qui détestait plus que tout la nostalgie des albums photos tant elle aurait aimé que sa maison vibre pour l’éternité de tout ces cris, de tous ces rires et même de toutes ces larmes d’enfants. Elle aimait ça Lysiana. Elle n’aimait pas tourner les pages de ce cahier-là. Et pourtant.

Il ne reste aujourd’hui devant Lysiana plus que quelques pages dans chacun de ses livres.
Alors, Lysiana a une idée : faire passer une page du cahier rouge dans le petit argenté. Histoire qu’un homme, un homme au moins, ressemble à un rêve. Puis elle prendra cette page et la mettra dans le cahier brun. Cela pourrait après tout refaire comme une vraie vie. Juste une seule. Ça lui suffirait à Lysiana, une seule vie. Elle pourrait prendre alors les pages restantes dans tous les cahiers et les rajouter au cahier brun. Ensuite, le cahier brun pourrait prendre d’autres couleurs. Il serait colorié de la présence de cet homme et de celle de ses enfants. Et de sa passion à elle pour eux tous.

Lysiana regarda encore un instant ses cahiers puis, lentement, avec soin et netteté, elle coupa les pages, les colla à l’arrière du cahier brun. Il lui sembla qu’ainsi il y aurait de la place pour tous. Et puis aussi pour la passion, pour les grandes joies, les larmes, les désillusions, les réconciliations, les colères, les échecs, les victoires. Il y aurait tout ça, mais là dans un seul cahier ! C’était peut-être plus proche d’une vie comme ça. C’est ce que se dit Lysiana en collant ses pages dans le cahier brun. Ensuite elle le serra très fort et, se souvenant du cahier argenté, elle se dit que le meilleur était à venir !

4. Les points de suspension

Chantal Ernst

On ne savait trop pourquoi, mais il suffisait d’observer un peu pour se rendre compte que nous avions tous – ou peut-être toutes pour être plus exact – une tendance à préférer les points de suspension.
Entre la paroi et l’abîme, nous préférions ce vide sans promesse dans lequel nous distinguions cent promesses.
Entre un au revoir et un adieu, nous étions émues aux larmes de l’intensité d’un adieu.
Entre les certitudes et les illusions, nous cherchions toujours à alimenter les rêves, quitte à fermer les yeux sur un mensonge.
Entre le mystère du silence et la transparence d’un rire franc, jamais nous n’hésitions.
À nous les points de suspension d’un regard qui ne nous voyait pas, mais parlait de voyages lointains, de femmes et d’océans.
À nous la romance infinie des absents.
Dis-moi « peut-être un jour » mais ne me dis pas « demain ».
Ainsi, nous accrochions nos cœurs à un sourire vague, un regard évasif et des paroles en l’air aux allures pleines de grâce. Nous ouvrions nos nuits aux attentes vaines et douloureuses. Et nous remplissions ces vastes plages, ces immenses pages blanches de maux si difficiles à dire qu’ils faisaient notre secret et notre richesse. Personne ne pouvait nous comprendre. Et nous n’étions pas prêtes à échanger toutes ces vaines incertitudes auxquelles nous suspendions tous nos espoirs contre la présence trop envahissante et sans romance des êtres pourtant bien là.
Nous avions en nous l’attrait vivant du mystère. Aussi fort et puissant qu’un vertige.
Irrésistible, au fond.
Nous avions dix-sept ans et, pour tout dire, des espoirs trop gourmands pour les enfermer si tôt dans une réalité bien éloignée de nos rêves où seule la passion déchirante et absolue était de mise.

Les commentaires sont fermés.